Non il faudrait pas nous promettre le bonheur.

Je l'avais oublié ce post. Putain de redondance. C'est toujours un peu plus bas que tu te retrouves. Essorée, pliée, à bout. Tu penses toujours avoir le temps. Le temps pour lui dire qu'elle a les plus belles lèvres du monde dans le froid de l'hiver, que l'odeur de la maison c'est son parfum, que ses doigts sont la parfaite correspondance des tiens, que le son de sa voix résonne dans ton coeur en permance. Le temps de lui montrer la rue où tu as joué au foot pendant 10 ans, de lui apprendre l'alphabet aéronautique, de l'embrasser devant les lumières du pont de San Francisco, d'écouter Yoann encore et toujours dans toutes les villes du monde, de lui faire des enfants. 6. 

Mais ce foutu espace temps joue constamment contre toi. Tu le distords à loisir et tu penses l'avoir apprivoiser. Tu penses que c'est acquis cet amour multi formes et que tu vas pouvoir souffler et y croire durablement. La culpabilité t'assaille à n'importe quel moment de ta journée, tu es coupable d'avoir voulu un jour prendre le temps de réfléchir et de ne pas foncer. Voilà on pense évidemment que c'est la bonne décision parce que c'est la plus difficile à prendre. Foutaises. Tu ramasses tes sentiments s'il te plaît et tu vas aller les enterrer bien au fond, ils seront bien seuls jusqu'à la fin de tes jours. Tu fermes ta gueule, tu arrêtes de chialer, tu avances et surtout, surtout tu oublies avoir un jour été heureuse avec elle. Un jour ? Non beaucoup plus. Depuis le 17 avril 2011. Elle l'a écrit, ici même:" Mais tu es solidement accrochée à moi, je ne te quitterai pas. Ni plus jamais.".

Les mots sont bien vides ce soir. Il fait constamment sombre sur toi. Et tu as peur, putain qu'est ce que tu as peur de te coucher. On dirait une gamine de 3 ans avec une boule de pleurs au fond de la gorge et du ventre qui gonfle à vue d'oeil. Tu vis au milieu du vide et tu recules dans votre histoire. Tu revis par procuration les virages mal négociés pendant qu'elle avance vite et te dépose au coin de ta vie sans carte pour y revenir. Et puis elle te croise, avec une autre. Et alors commence les interrogations, cette salope qui est en sa compagnie a-t-elle eu droit aux mêmes déclarations que celles qu'elle te faisait, a-t-elle posé ses jalons depuis des mois ou des années, a-t-elle eu son corps pour elle dès le premier soir... 

La vie est bien une pute, une pute aux cheveux frisés qui sent gifi et la vodka bon marché.

Tu fais ses cartons. Tu les déposeras chez ton père et elle passera les prendre. Un mot sera peut être échangé. Une bise et un adieu. We packed our bags and said farewell. Comment vas-tu faire ? Sûrement que tu sentiras le poids de son bras sur ton épaule jusqu'au bout du bout. Elle le regrettera dis-tu ? Pauvre conne, tu recommences à y croire. On t'a dit quoi depuis des années ? Ressaisis toi, prends un cachet et va dormir. Demain ça ira mieux. Non maman, le lendemain c'est pire. Chaque jour devient une éternité et chaque nuit un calvaire. 

"Je suis logée tout en bas. Il est minuit constamment. Il y a des milliers et des milliers de trucs qui vibrent dans mes oreilles. Je crois que j'ai perdu, j'ai sauté dans ta vie comme une gamine dans une flaque d'eau, j'en pleure encore les soirs de pluie." 

Adieu.