On se quitte sur un quai, cliché banal pour une histoire compliquée, avant Paris, je t’ai prévenu que je ne supporterai pas de vivre clandestinement, de continuer à te voir me quitter tous les soirs pour d’autres draps. Mais sur ce quai, je n’y pense pas, étrangement sereine je dépose sur les lèvres un dernier baiser, je vois dans tes yeux que tu ne partages pas cette sensation. Deux nuits plus tard, l’explosion a lieu, différente depuis ton retour de la capitale, IL te demande des explications, déjà inquiet que tu lui ais refusé de t’accompagner durant le séjour, il se pose des questions. Il te mitraille, il veut comprendre le pourquoi des sourires face à ton écran, sous la pression, tu lâches que tu es amoureuse d’une autre personne. Son délire commence, ponctué de violence physique et mentale ainsi que de chantage. Il ne comprend pas que tu mettes soudainement fin à vos 10 ans de vie, il ne comprend pas qu’il n’y a plus d’amour entre vous, il ne comprend pas quel homme a pu te ravir à lui. Coincée à 1000km, je ne peux rien faire si ce n’est passer mes nuits à attendre un signe me prouvant que tu ne craques pas, que tu es ma femme pour le présent et le futur. Harcelée de toute part, lui, sa famille, ton esprit, tu lui avoues que cette fameuse personne est une femme, il ne lui faut pas longtemps pour faire le rapprochement avec moi. La guerre est ouverte, sortez vos épées et vos boucliers, la bataille va être sanglante. Mon arme secrète n’est pas une pointe de cyanure dans son café, ce n’est pas non plus ma patience ou ma richesse, j’ai peu à t’offrir, juste la prunelle de mes yeux dont tu peux faire ce que tu veux. Le froid hivernal de ces mois de février et mars me glace au delà du sang, tu survis je ne sais comment avec une force de caractère qui m’épate.

Notre rendez vous manqué de mars me trotte dans la tête, je culpabilise et encore aujourd’hui me traite d’idiote pour une décision prise sur le coup de l’énervement. Enfin avril se décide à débarquer sur nos calendriers. Je dois passer te prendre à l’aéroport, on s’en fait des montagnes comme à chaque fois, et ce d’autant plus qu’on s’est mises une pression de fou. Parler d’envie de toi ne rend pas hommage à ce que je peux ressentir durant ces 3 jours marqués encore une fois par l’intervention de LUI. Je prends sur moi.

Mais évidemment rien ne peut se passer sans rebondissement entre nous. Le soir de ton départ, l’avion n’arrivera jamais, tu pars en stop pour me rejoindre à 100km, et puis lui décide de venir te chercher en voiture, il part dans la nuit et arrive à 5h du matin. Je le vois, le salue et repars, un au revoir rapide entre nous, comme si nous savions que le 2ème ne serait pas le dernier. Censée avoir une vie étudiante, ce qui implique parfois des cours, je file me recoucher. Dans la matinée, tu m’annonces que vous n’êtes pas partis, que l’on peut se voir l’après midi. Masochiste et contre les avis de mes merveilleux conseillers, je viens vous retrouver et passer l’après midi avec ma femme et son ex… Glamour au top. Tu repars te coucher avec lui le soir et un relent de passé remonte alors à la surface. Le lendemain, je suis mal, vous voir repartir ensemble m’assaille de mauvaises intuitions, vous passez me dire au revoir, il nous laisse tranquille et me demande de venir chez vous. Mon sourire forcé va lui rester en travers de la gorge, il me le fera payer…