Un an après l'ouverture de ce blog, je ne suis plus la même. Il me faut fermer le livre de 2010 pour entamer une nouvelle vie. Une dernière fois se rappeler pour avancer.

27 juin 2009, 5H33:

Ce 12 décembre 2009, ma vie prit un tournant que je n'aurais jamais pensé lui faire prendre. C'est marrant, ce mot "jamais" je nous l'ai interdit, je l'ai "nié" tant de fois comme tu disais, je ne voulais pas le voir entre toi et moi parce que "jamais" n'existe pas, c'est un subterfuge employé par les masses, en réalité tout, tout, même le pire arrive. Alors "jamais" était devenu "never" ou "jamas" selon l'humeur. Tu vois, j'écris un simple mot et de suite, je pense à toi, je divague, dans ma tête se pourchassent des sons, des odeurs, des images, des sourires qui maintenant n'en ont plus que le nom.

Je lève les yeux, de ma fenêtre je vois l'aube se lever, il est beau ce ciel, il est rose, comme ma ville, demain le soleil se lèvera de la même manière, sans se rendre compte qu'il prendra le relais de la nuit la plus difficile que j'aurais eu à endurer. J'ai donc 24H soit 1488 min ou 89280 sec pour reprendre dans l'ordre, noircir mes doigts à l'encre de notre histoire pour expier, pour te laisser aller si "jamais" tu le décides d'ici quelques heures.

Cette histoire, notre histoire, tu me l’as si souvent demandé avec un sourire au coin des lèvres, persuadée que je l’écrirais à la fin de nos vieux jours, que tu dois être surprise de la lire ce matin après la nuit passée.


Le 10 décembre 2009, je vivote dans mon appartement comme tous les soirs, je suis inscrite depuis le jour de mes 24 ans, soit 15 jours auparavant, sur un forum, un site internet ou des jeunes filles et d’autres moins jeunes viennent s’épancher et rigoler sur leurs histoires de cœur, de fesses et de haine. J’ai posté des messages par ci, par là, sans conviction, sans réelle motivation pour aider quiconque. Je viens de mettre fin à 3 histoires consécutives, un roman avec LUI de 3 ans et demie, une nouvelle avec celui qui m’a permis de me venger, et une fable de 3 mois avec elle. Tu vois, je ne suis même pas perdue, mais surprise de ne rien ressentir à avoir fendillé le cœur de 3 êtres, je me persuade que j’ai pourtant eu un cœur un jour même s’il n’a jamais vraiment servi.

Je t’ai remarqué sur le forum parce que ton présent ressemble à mon passé, tu vis depuis 10 ans avec LUI et tu LA « connais » depuis un an, tu ne parles que d’elle, la femme de ta vie, celle qui t a fait découvrir l’amour. J’avoue que je suis jalouse, tu sembles heureuse, à mi-temps, mais heureuse, et puis tu as la légèreté qui fait parfois défaut à ce forum que je pense ce soir là quitter définitivement. En effet, j’ai le  lendemain une épreuve de 5h, je ne vois aucun prétexte professionnel pour traîner sur un forum à lire des conneries sur la meilleure façon de faire atteindre le 7ème ciel à sa copine (j’ai déjà ma méthode, mais merci) ou de la plus efficace pour la rendre jalouse (j’ai également des ex qui sont une mine de raison à l’être). Flemme du soir bonsoir, je ne parviens pas à réviser et puis au final la philosophie des avocats n’est elle pas « T’inquiète, y a tout dans le code ! », comment ça demain c’est pas une épreuve de droit ? Bah y a toujours un voisin non ?

Dans la matinée, on s’est « croisées », tu m’as demandé une photo pour briser la glace mais pas sans avoir vu la tienne d’abord, puis tu as voulu savoir si j’étais célibataire afin de me caser avec une autre ( technique de drague à revoir…), Tu lis mon blog nouveau né qui te fait sourire, alors tu postes ta photo, je suis pas foudroyée, non, même pas étonnée, tes yeux ressemblent à tes posts, rieurs, taquins et parfois maladroits. Sous la pression populaire, je dégaine la photo mais je ne lis déjà plus que tes commentaires, le premier compliment tombe à 22H58 dont découleront tant de crises…

Vient le premier message privé, nos prénoms, nos vies, nos numéros de téléphone échangés au prétexte d’une panne d’ordinateur (oui la voiture c’est dépassé). Le premier texto dans la foulée, mon cœur qui loupe son premier battement cardiaque ce jour là à 14H57, il n’a pas bougé depuis, il est rangé dans son dossier à ton nom, il t’attend… Suit une première semaine où je ne me reconnais pas, sans cesse, les doigts scotchés sur cet ordinateur de malheur à attendre de voir un drapeau rouge s’agitait, à  lire tes quelques mots pour débuter ma journée, le sourire béat des imbéciles heureux plaqué sur mon visage. Une vie sociale réduite à néant pour voler quelques lettres à cet écran si froid. Les vacances de Noël font pointent le bout de leur nez, je ne peux plus t’attendre toute la journée tandis que tu passes tes heures en famille. J’ai du mal à supporter les soirées loin des miens et tu me promets alors un réveillon 2011 en ta compagnie, promesse que je m’empresse de placarder au dessus de mon bureau pour toujours espérer en un futur. Mes journées au travail sont marquées par nos messages rituels, 7h, 10h, 13h puis 17H.

Je revis tous les soirs lorsque l’on se parle, mais ce n’est pas assez, tu exiges la caméra, tes désirs sont des ordres, tu me vois alors bailler, grimacer, grogner, sourire, boire de la vodka, fumer des cigarettes en chocolat… Te voir me quitter tous les soirs est une épreuve que j’endure sans broncher, le non dit est prégnant, pas besoin de mentionner dans quel lit tu vas te coucher, le mien est froid et n’attend que ta présence que je réclame de plus en plus. Il nous faut une date, il nous faut 3 jours, il nous faut savoir si l’alchimie virtuelle peut se transformer en magie réelle. Subterfuge de ta part et impatience de la mienne, ça sera Paris au mois de février après 2 mois d’attente…